MARQUIS DE M : Mes enfants, venez, venez !
Tout ce monde s’embrasse et se salue. Personne ne semble remarque le spectre qui ne bouge plus à présent. Les cinq figurants se placent en retrait et discutent tout, tout bas.
PRESIDENTE DE VIOR : Oh, mon cher Marquis, que le voyage fut long…Mais je me suis occupée l’esprit à rêver de la soirée de l’Eternel, à Dieu et au Christ béni. Que je suis heureuse de vous revoir, mon ami. Les nuits de ce château me marquent de façon indélébile. La piété est toujours au rendez-vous, c’est incontestable. Voir toute l’aristocratie néo-franque fêter la naissance du Christ me fascine toujours avec ardeur. Que de la piété, toujours de la ferveur ! Que les mains se joignent et que les genoux fléchissent devant le pouvoir intemporel ! Je renais, Marquis.
VASCO : Allons, allons, chère Présidente de Vior, cessez de prier, et buvez.
PRESIDENTE DE VIOR : Oh, mais qui vois-je ? Je ne vous avais pas vu au milieu de ce monde. Est-ce vous, le rat, le voleur du cosmos ? Monsieur le Duc Vasco d’Alta qui vend des enfants, cachés entre ses sacs d’épice ? Aucun système n’a échappé vos arnaques. Orion a déjà en circulation sur toutes ses planètes des cartes mémoires en cire, et vos prétendus vins deviennent verts au bout d’un mois de conservation au cellier ! Et je n’ose parler des dentiers en guimauve que vous vendez à un prix incroyable à touts les vieillards de l’univers.
VASCO : Je vois que la piété ne vous pas empêché de vous engraisser, espèce de gros dindon. Allez donc poser votre aristocratique postérieur au dessus d’une cheminée, et le jus qui en coulera sera suffisant pour m’alimenter en cierges pendant plusieurs décennies !
MARQUIS DE M : Je vois que les festivités ont bien commencées. Je vous laisserai expliquer vos différends ailleurs. Je vous en prie.
Vasco et la Présidente de Vior disparaissent.
LADY OF KALE : Marquis. Quel plaisir.
MARQUIS DE M : Ravi de vous voir, Lady of Kale.
Le Marquis tend une main à Aldovaro.
MARQUIS DE M : Sois le bienvenu, Intendant Aldovaro de Gonzague del Enrique, petit fils du défunt princeps Eduardo IV, descendant direct de Cortès IX.
ALDOVARO : Oui.
LADY OF KALE : Allons, fait un effort. Le Marquis de M. te propose de faire fi du
passé. Écoute-le. Il est bon. Mon brave mari, tu as accepté de voyager à travers tout l’univers pour arriver à ce palais franc. Il serait ridicule de faire demi-tour maintenant. Le temps du fleuret et de ta petite querelle avec ce brave Marquis est terminé. Va donc trinquer à ma santé et à celle de notre ami.
ALDOVARO : Pour trouver une coupe empoisonnée ?
MARQUIS DE M : Jamais.
LADY OF KALE : Ingrat !
ALDOVARO : Mon ancêtre, Cortès IX disait que…
MARQUIS DE M : ( en souriant férocement ) : Tends la main à ton prochain ?
LADY OF KALE : Le bout de ton fusil, oui.
ALDOVARO : La conquête du peuple Talcultèque était nécessaire.
MARQUIS DE M : Autant que l’invention de la bière sans alcool.
LADY OF KALE : Eh, ce qu’elles souffrent, mes oreilles.
ALDOVARO : Si c’en est ainsi, je vais m’en aller.
MARQUIS DE M : Prendre un verre ? Allez-y, je suis bon.
Aldovaro fait un pas en arrière et fait mine de s’en aller pour enfin se servir un verre. Lady Of Kale se rapproche du Marquis de M..
LADY OF KALE- vérifiant si son mari ne l’entend pas. : Tu m’avais traitée de divine gymnaste, fut un temps. Il y a longtemps déjà, tu m’avais prise dans une couche aux draps dorés. C’était une juste vengeance de l’affront que vous avait fait mon compagnon. Le lâche, il vous donnait des leçons, vous traitant de pleutres, se pavanant que chaque jour que Dieu nous offrait qu’il était le fier descendant de Cortès IX le conquérant de l’ancienne Couronne de Séville, celui qui a écrasé l’empire Talcultèque. Tu m’avais prise, oh, oui… Je m’en souviens. Justice fut alors faite à toi et au Duc Vasco D’Alta.
MARQUIS DE M : Te rappelles-tu du petit mot que j’avais laissé sur votre table de nuit ?
LADY OF KALE : Bien sûr. Il était écrit :« Surveille tes jardins où le brigand pourrait bien être roi à la place du roi. » Dieu merci, il n’a jamais vraiment su que c’était toi. Les ombres du doute ne furent que ses seuls certitudes.
MARQUIS DE M : Oui. C’était un temps béni, non ?
LADY OF KALE : Bien changé, je crois.
MARQUIS DE M : Allons discuter plus calmement, dans un endroit plus…secret.
Le Marquis de M et la Lady of Kale disparaissent. Aldovaro lève son verre.
ALDOVARO : Quelle victoire ! Que vont donc faire ces deux infâmes ? Je n’ai pas le courage de les suivre, vraiment. En réalité, cela ne m’intéresse déjà plus. Ma foi, il y a du vin et d’autres paires de seins, ici. Néanmoins, restons sur nos gardes, mon bon Aldovaro. Il va me falloir faire goûter tout mes plats discrètement. Je ne tiens à finir mort, ce soir.
dimanche 30 novembre 2008
Extrait de l'Ouverture, in les Contes du Regret.
"Vienne a encore valsé. J’en ai eu la nausée. Je suis monté à Berlin.
Je dors dans un taudis. A côté de mon logis, deux drapeaux se regardent fixement. L’un est rouge sang. L’écarlate puissance de l’étendard est marquée de deux signes jaunes d’or. Ils sont la porte d’un univers promis et tranquille, un monde lointain et parfait. J’entends Schubert murmurer doucement entre les replis de tissu.
En face, un autre drapeau. Fort. Fier. Il hurle comme l’orage. Il me promet des choses. Je n’ai qu’à sortir dans la rue pour les vérifier. Il est presque arrogant. Rageur. Le velours tricolore rit. Il se moque des promesses futiles du rêveur écarlate. Il m’invite à le rejoindre. Lui n’a pas peur. Il me fait écouter des chœurs d’hommes virils et courageux, main sur la poignée de leurs épées.
J’ai faim et froid.
Je descends dans la rue pour les rencontrer. Ils sont l’incarnation des promesses du drapeau fier. Ils me donnent une pièce, du pain et un verre de bière. Puis ils enflamment Berlin de grands feux de joie. Les cris viennent jusqu’à ma fenêtre qui en devient aussi claire que du cristal."
Je dors dans un taudis. A côté de mon logis, deux drapeaux se regardent fixement. L’un est rouge sang. L’écarlate puissance de l’étendard est marquée de deux signes jaunes d’or. Ils sont la porte d’un univers promis et tranquille, un monde lointain et parfait. J’entends Schubert murmurer doucement entre les replis de tissu.
En face, un autre drapeau. Fort. Fier. Il hurle comme l’orage. Il me promet des choses. Je n’ai qu’à sortir dans la rue pour les vérifier. Il est presque arrogant. Rageur. Le velours tricolore rit. Il se moque des promesses futiles du rêveur écarlate. Il m’invite à le rejoindre. Lui n’a pas peur. Il me fait écouter des chœurs d’hommes virils et courageux, main sur la poignée de leurs épées.
J’ai faim et froid.
Je descends dans la rue pour les rencontrer. Ils sont l’incarnation des promesses du drapeau fier. Ils me donnent une pièce, du pain et un verre de bière. Puis ils enflamment Berlin de grands feux de joie. Les cris viennent jusqu’à ma fenêtre qui en devient aussi claire que du cristal."
dimanche 8 juin 2008
Présentation de l'auteur et annonce de lectures et publications
Présentation de l'auteur.
Bonjour à tous.
Avant toute chose, je voudrais me présenter. Je me nomme Elie Maucourant et ai créé ce blog afin de vous faire partager des extraits de mes nouvelles et de mon roman.
Mon travail se situe dans le cadre de la science fiction, mais les thèmes abordés sont plus larges. La fantasy, le polar, le fantastique sont des genres que j'aime croiser, entrecroiser avec la science fiction. D'autre thèmes tels la réflexion sur le Moi, l'Histoire, ou le conditionnement de l'individu sont des points que j'aime à développer.
MES ECRITS SONT PROTEGES. Vous pouvez envoyer des extraits à vos amis, mais le PLAGIAT est PUNI PAR LA LOI.
Cette page sera régulièrement mise à jour afin de vous mettre au courant de mes dates de lectures et de publication.
- 23 Septembre : Lecture Musicale au Carré 30 avec Vasco Puddu
Contact Carré 30 : 12, rue Pizay, 69001 Lyon, Tél. : 04 78 39 74 61
Contact Odanë : http://www.myspace.com/odanemetal
- 20 septembre au K-Barré, soirée lecture musicale avec Vasco Puddu.
Contact K-Barré : http://lpl3.free.fr/
Contact Odanë : http://www.myspace.com/odanemetal
- 26 juin à la librairie du Bal des Ardents, 17 heures, (17 Rue Neuve 69001 Lyon, contact : 04 72 98 83 36 ) lecture musicale des Joies du Marquis accompagné du violon alto Vasco Puddu. Suivront ensuite une signature et une lecture de l'écrivain et poète Marc Henri Arfeux
- 12 juin à partir de 20h 30 au K-barré ( 34 rue Raulin - 69007 Lyon,contact : http://lpl3.free.fr/ ) : lecture publique de Dedalium Tremens
- 9 juin : Publication de la nouvelle Controla Com dans la revue Respubliqua : http://www.gaucherepublicaine.org/index.html
Le roman les Edenrah sont en attente de publication
==>Pour me contacter: sovietsupreme3@hotmail.com
Je suis également pianiste depuis une dizaine d'années et membre du groupe de métal progressif Odanë dont voici le lien : http://www.myspace.com/odanemetal
Je vous souhaite une agréable lecture ( et écoute musicale ! )
Elie Maucourant.
Bonjour à tous.
Avant toute chose, je voudrais me présenter. Je me nomme Elie Maucourant et ai créé ce blog afin de vous faire partager des extraits de mes nouvelles et de mon roman.
Mon travail se situe dans le cadre de la science fiction, mais les thèmes abordés sont plus larges. La fantasy, le polar, le fantastique sont des genres que j'aime croiser, entrecroiser avec la science fiction. D'autre thèmes tels la réflexion sur le Moi, l'Histoire, ou le conditionnement de l'individu sont des points que j'aime à développer.
MES ECRITS SONT PROTEGES. Vous pouvez envoyer des extraits à vos amis, mais le PLAGIAT est PUNI PAR LA LOI.
Cette page sera régulièrement mise à jour afin de vous mettre au courant de mes dates de lectures et de publication.
- 23 Septembre : Lecture Musicale au Carré 30 avec Vasco Puddu
Contact Carré 30 : 12, rue Pizay, 69001 Lyon, Tél. : 04 78 39 74 61
Contact Odanë : http://www.myspace.com/odanemetal
- 20 septembre au K-Barré, soirée lecture musicale avec Vasco Puddu.
Contact K-Barré : http://lpl3.free.fr/
Contact Odanë : http://www.myspace.com/odanemetal
- 26 juin à la librairie du Bal des Ardents, 17 heures, (17 Rue Neuve 69001 Lyon, contact : 04 72 98 83 36 ) lecture musicale des Joies du Marquis accompagné du violon alto Vasco Puddu. Suivront ensuite une signature et une lecture de l'écrivain et poète Marc Henri Arfeux
- 12 juin à partir de 20h 30 au K-barré ( 34 rue Raulin - 69007 Lyon,contact : http://lpl3.free.fr/ ) : lecture publique de Dedalium Tremens
- 9 juin : Publication de la nouvelle Controla Com dans la revue Respubliqua : http://www.gaucherepublicaine.org/index.html
Le roman les Edenrah sont en attente de publication
==>Pour me contacter: sovietsupreme3@hotmail.com
Je suis également pianiste depuis une dizaine d'années et membre du groupe de métal progressif Odanë dont voici le lien : http://www.myspace.com/odanemetal
Je vous souhaite une agréable lecture ( et écoute musicale ! )
Elie Maucourant.
lundi 26 mai 2008
Extrait de la ControlaCom in Contes du Regret
"
- Oui, là, aux yeux des Autres, c’était la dégradation morale, murmurai-je.
Alors pour vivre à la lumière des néons et des murs en carbonne, Emilie vend son corps.
- Il y a seulement les yeux et les cams qui scrutent chaque jour les faits et gestes de chacun. La propriété privée est morte à mesure que tous pouvaient observer ce qui était masqué. Les voiles et les verrous sont tombés en poussières. Les conteurs pointaient du doigt les utopies communistes. Mais ce ne sont pas les communistes qui sont à l’origine de la société de communication, la mère de la ControlaCom, lâchai-je en embrassant Emilie.
Emilie était une pute. Tous les matins et tous les soirs, elle devait affronter les regards pervers de tous les bâtards en rut de la section 8. Tous ces assoiffés de chair branchaient leur cams à la sienne dès qu’un client entrait dans le creux du mystère.
- S’il te plaît Emilie, coupe ta cams, dis-je.
- Tu sais bien que c’est impossible, Elyas. répondit-elle doucement.
- Quand je viens te voir, j’ai le sentiment d’être dans le nid d’une araignée. J’ai le sentiment d’être englué sur une immense toile où des milliards d’yeux et de bêtes tentaculaires jouiraient de chacun de mes mouvements désespérés. J’étouffe, Emilie. Le poids accroché à mes pieds m’entraîne inexorablement vers les abîmes suffocants.
La pute mis la main à ses lèvres et se mit nue…
Plus tard, allongé dans les coussins moelleux du repaire
de joie, je mis en marche le Cube. Vu que j’étais en présence de quelqu’un dont la cams fonctionnait et le filmait, ma Boucle-Z s’était désactivée. Je choisis son secteur avec la commande magnétique et affichai les données projetée par sa propre cams.
Sur l’écran figurait un homme aux traits tirés et anxieux. Son visage ridé et fatigué laissait entrevoir les lueurs d’un grand abattement. Point de haine ou de rancœur ne brillaient dans ses yeux, seules la ténacité et la volonté jaillies d’entre les cuisses du refus et du stigmate, brillaient comme des feux furieux en pleine nuit.
Mon double pencha la tête sur le côté, puis se toucha les mains avant de sourire férocement. Lui était le vrai. Lui était l’homme de silicium reconnu par tous. S’il décidait de mourir, tout le monde me prendrait, le moi de chair et de sang, pour un spectre. Finalement, l’homme assis entre les coussins véritables n’avait plus la primauté. Le virtuel conditionnait le réel. Le réel devenait la simulation. La vérité, l’image copiée.
La véracité était morte.
Et au final, je me demandai si le reflet numérique, c’était moi. "
Elie Maucourant, extrait de la ControlaCom in les Contes du Regret, 2008.
- Oui, là, aux yeux des Autres, c’était la dégradation morale, murmurai-je.
Alors pour vivre à la lumière des néons et des murs en carbonne, Emilie vend son corps.
- Il y a seulement les yeux et les cams qui scrutent chaque jour les faits et gestes de chacun. La propriété privée est morte à mesure que tous pouvaient observer ce qui était masqué. Les voiles et les verrous sont tombés en poussières. Les conteurs pointaient du doigt les utopies communistes. Mais ce ne sont pas les communistes qui sont à l’origine de la société de communication, la mère de la ControlaCom, lâchai-je en embrassant Emilie.
Emilie était une pute. Tous les matins et tous les soirs, elle devait affronter les regards pervers de tous les bâtards en rut de la section 8. Tous ces assoiffés de chair branchaient leur cams à la sienne dès qu’un client entrait dans le creux du mystère.
- S’il te plaît Emilie, coupe ta cams, dis-je.
- Tu sais bien que c’est impossible, Elyas. répondit-elle doucement.
- Quand je viens te voir, j’ai le sentiment d’être dans le nid d’une araignée. J’ai le sentiment d’être englué sur une immense toile où des milliards d’yeux et de bêtes tentaculaires jouiraient de chacun de mes mouvements désespérés. J’étouffe, Emilie. Le poids accroché à mes pieds m’entraîne inexorablement vers les abîmes suffocants.
La pute mis la main à ses lèvres et se mit nue…
Plus tard, allongé dans les coussins moelleux du repaire
de joie, je mis en marche le Cube. Vu que j’étais en présence de quelqu’un dont la cams fonctionnait et le filmait, ma Boucle-Z s’était désactivée. Je choisis son secteur avec la commande magnétique et affichai les données projetée par sa propre cams.
Sur l’écran figurait un homme aux traits tirés et anxieux. Son visage ridé et fatigué laissait entrevoir les lueurs d’un grand abattement. Point de haine ou de rancœur ne brillaient dans ses yeux, seules la ténacité et la volonté jaillies d’entre les cuisses du refus et du stigmate, brillaient comme des feux furieux en pleine nuit.
Mon double pencha la tête sur le côté, puis se toucha les mains avant de sourire férocement. Lui était le vrai. Lui était l’homme de silicium reconnu par tous. S’il décidait de mourir, tout le monde me prendrait, le moi de chair et de sang, pour un spectre. Finalement, l’homme assis entre les coussins véritables n’avait plus la primauté. Le virtuel conditionnait le réel. Le réel devenait la simulation. La vérité, l’image copiée.
La véracité était morte.
Et au final, je me demandai si le reflet numérique, c’était moi. "
Elie Maucourant, extrait de la ControlaCom in les Contes du Regret, 2008.
Extrait des Edenrah, Temps Présents, I, les Crocs Enterrés
"...Une odeur de décomposition sucrée mêlée à la sueur mielleuse d’une femme en train de faire l’amour flottait dans l’air.
Tarsi inspira fort pour essayer de deviner quel message était dissimulé par ce voile olfactif.
En fait ce n’était pas un voile, mais plutôt la marque de quelqu’un. Quelqu’un qui était vraiment Edenrah car son odeur reflétait la contradiction même qui les habitait. La violence se fondait en un raffinement extrême, la mort côtoyait le plaisir et la vie, le sang et la sueur, le sang et les larmes, la fascination de l’interdit.
Mais sous ces aspects surnaturels une essence autre était contenue dans l’odeur.
Celle du musc de la femme, particulièrement prononcé, et pas spécialement détestable.
Tarsi avait accepté l’idée d’être mort. Mais là aussi quelque chose n’allait pas. L’Elégante devrait déjà être présente, lui dans ses bras sous la forme d’un enfant rejoignant ses ancêtres.
Puis il y eut le bruit, sourd et précipité,tel froissement. Il n’arrivait pas à trouver la localisation de ce bruit, et se retournait sans cesse comme un dément. Il s’époumona à demander de l’aide, mais rien ni personne ne lui répondait.
Et elle fut là.
Il leva les yeux doucement, soudain à l’ombre, et découvrit une paire de petits pieds charmant, des jambes allongées en des proportions exactement parfaites, de larges hanches qui épousaient les cuisses d’un blanc pur, un pubis à la toison tondue excepté un trait fin et noir qui subsistait, un ventre marqué par un nombril discret, une poitrine généreuse et ronde aux tétons rose clair, un cou qui était découpé dans les neiges éternelles des Monts Ataval, et un visage au regard si perçant que Tarsi baissa les yeux et tomba à genoux.
L’Elégante se tenait devant lui, la Reine des Morts, La Faucheuse d’âme, la Guide des Esprits Egarés, Vicomtesse du Sang, mais de tous les surnoms que les Edenrah lui avait attribués, seul l’Elégante avait été retenu, signe de sa grande beauté.
Le prétendant releva avec peine le menton pour l’observer elle, un genou à présent à terre.
Il détailla son visage et pu enfin la fixer au fond des prunelles.
Son visage était plutôt rond, ses sourcils courts et clairs, son nez légèrement arqué, ses yeux verts marrons et incroyablement perçants, sa bouche fine et rose foncé étaient autant d’attributs dessinés sur une peau tellement blanche qu’elle en était presque spectrale.
En contraste, ses cheveux fins et plus noirs que les nuits sans fins du Nord Gelé tombaient avec grâce sur ses épaules et glissaient vers le bas de seins.
Ses ailes aux plumes de jais étaient immense et couvrait la surface qu’occuperaient sept Edenrah allongés.
Avec humilité, il s’approcha vers elle, résolu à mourir..."
Elie Maucourant, Extrait des Edenrah, Temps Présents, I, les Crocs Enterrés
Tarsi inspira fort pour essayer de deviner quel message était dissimulé par ce voile olfactif.
En fait ce n’était pas un voile, mais plutôt la marque de quelqu’un. Quelqu’un qui était vraiment Edenrah car son odeur reflétait la contradiction même qui les habitait. La violence se fondait en un raffinement extrême, la mort côtoyait le plaisir et la vie, le sang et la sueur, le sang et les larmes, la fascination de l’interdit.
Mais sous ces aspects surnaturels une essence autre était contenue dans l’odeur.
Celle du musc de la femme, particulièrement prononcé, et pas spécialement détestable.
Tarsi avait accepté l’idée d’être mort. Mais là aussi quelque chose n’allait pas. L’Elégante devrait déjà être présente, lui dans ses bras sous la forme d’un enfant rejoignant ses ancêtres.
Puis il y eut le bruit, sourd et précipité,tel froissement. Il n’arrivait pas à trouver la localisation de ce bruit, et se retournait sans cesse comme un dément. Il s’époumona à demander de l’aide, mais rien ni personne ne lui répondait.
Et elle fut là.
Il leva les yeux doucement, soudain à l’ombre, et découvrit une paire de petits pieds charmant, des jambes allongées en des proportions exactement parfaites, de larges hanches qui épousaient les cuisses d’un blanc pur, un pubis à la toison tondue excepté un trait fin et noir qui subsistait, un ventre marqué par un nombril discret, une poitrine généreuse et ronde aux tétons rose clair, un cou qui était découpé dans les neiges éternelles des Monts Ataval, et un visage au regard si perçant que Tarsi baissa les yeux et tomba à genoux.
L’Elégante se tenait devant lui, la Reine des Morts, La Faucheuse d’âme, la Guide des Esprits Egarés, Vicomtesse du Sang, mais de tous les surnoms que les Edenrah lui avait attribués, seul l’Elégante avait été retenu, signe de sa grande beauté.
Le prétendant releva avec peine le menton pour l’observer elle, un genou à présent à terre.
Il détailla son visage et pu enfin la fixer au fond des prunelles.
Son visage était plutôt rond, ses sourcils courts et clairs, son nez légèrement arqué, ses yeux verts marrons et incroyablement perçants, sa bouche fine et rose foncé étaient autant d’attributs dessinés sur une peau tellement blanche qu’elle en était presque spectrale.
En contraste, ses cheveux fins et plus noirs que les nuits sans fins du Nord Gelé tombaient avec grâce sur ses épaules et glissaient vers le bas de seins.
Ses ailes aux plumes de jais étaient immense et couvrait la surface qu’occuperaient sept Edenrah allongés.
Avec humilité, il s’approcha vers elle, résolu à mourir..."
Elie Maucourant, Extrait des Edenrah, Temps Présents, I, les Crocs Enterrés
Extrait : Les Joies du Marquis, in Contes du regret
"
La soirée de l’Eternel continuait encore et encore.
Les corps dansaient autour de moi tels les satellites devant leur astre. J’étais le grand maître de cette soirée, et les corps célestes tournoyaient autour de moi. Tous tombaient devant moi en milles remerciements avant de se ruer sur les nouveaux plats fumants qui entraient par la grand porte. Tous se prosternaient devant la statue de leur dieu, devant moi.
Ils attendent de ma part milles et une faveur en échange d’un culte occasionnel.
Ils me jalousent secrètement, mais répugnent à porter la toge du maître. Le pouvoir absolu a un côté sale et dégoûtant.
Derrière leurs masques, derrières leurs visages décrépis et plongés dans les sauces les putrides, il n’y a en réalité que le visage d’un enfant terrorisé.
Ils sont comme les fidèles qui prient devant le ciel noir et constellé d’étoiles. Comme pour ces fidèles, c’est le néant qui accuse leurs cris désespérés. Je suis cette divinité, je suis cet artefact qui reçoit leurs libations.
Je ne suis rien.
Voici ma certitude : nous sommes tragiquement seuls face au silence et au vide. Rien ne nous attend. C’est un constat accablant, mais tellement vrai.
Je ne leur apporte que les vents fatigués du désert lancinant de ce château.
En dehors de cette vérité, tout est mensonge, tout est tromperie. La naissance est l’acte le plus courageux qui puisse exister, mais malheureusement, tous on tendance à vouloir revenir dans la matrice chaude et aveugle. Alors pour oublier la poids du néant qui pèse sur leurs frêles épaules condamnés aux vers, ils aiment et dansent.
Pauvres idiots.
Je regardai ma coupelle de vin. Elle ne pouvait me tromper. Elle ne pouvait me mentir. Chaque gorgée de ce liquide pourpre m’apportait la chaleur organique et palpitante en échange de la dégénérescence de mes organes. C’est un contrat que je passe avec la vigne. Elle ne me promet rien.
Elle annonce la solitude à venir, la vague muette qui nous traînera tous au fond des abysses.
Quant moi…
Je me levai, bousculai quelques convives, puis je me ruai vers un miroir.
Mon visage surgit.
Portais-je un masque, moi aussi ?
Ma condition de maître était inaliénable. Je n’existais que par cette entité. C’était pire qu’un masque car je ne pouvais jeter bas à terre ce monstre qui me fixait en souriant.
Et comme les dieux antiques, je ne suis que le reflet des désirs et des envies de l’Autre. Ce qui avait été autrefois un jeu, a fait de moi une tenue de chair et d’os que je ne pourrais jamais ôter.
La douleur qui me laboure les viscères et la seule marque de mon existence sur cette terre.
Le catharsis et la purgation m’échappent comme le sable d’une main.
Ma seule satisfaction sera les cris des fidèles à l’aube de leur déclin.
Je leur souhaite une excellente souffrance."
Elie Maucourant, Les Joies du Marquis in Contes du Regret, 2008.
La soirée de l’Eternel continuait encore et encore.
Les corps dansaient autour de moi tels les satellites devant leur astre. J’étais le grand maître de cette soirée, et les corps célestes tournoyaient autour de moi. Tous tombaient devant moi en milles remerciements avant de se ruer sur les nouveaux plats fumants qui entraient par la grand porte. Tous se prosternaient devant la statue de leur dieu, devant moi.
Ils attendent de ma part milles et une faveur en échange d’un culte occasionnel.
Ils me jalousent secrètement, mais répugnent à porter la toge du maître. Le pouvoir absolu a un côté sale et dégoûtant.
Derrière leurs masques, derrières leurs visages décrépis et plongés dans les sauces les putrides, il n’y a en réalité que le visage d’un enfant terrorisé.
Ils sont comme les fidèles qui prient devant le ciel noir et constellé d’étoiles. Comme pour ces fidèles, c’est le néant qui accuse leurs cris désespérés. Je suis cette divinité, je suis cet artefact qui reçoit leurs libations.
Je ne suis rien.
Voici ma certitude : nous sommes tragiquement seuls face au silence et au vide. Rien ne nous attend. C’est un constat accablant, mais tellement vrai.
Je ne leur apporte que les vents fatigués du désert lancinant de ce château.
En dehors de cette vérité, tout est mensonge, tout est tromperie. La naissance est l’acte le plus courageux qui puisse exister, mais malheureusement, tous on tendance à vouloir revenir dans la matrice chaude et aveugle. Alors pour oublier la poids du néant qui pèse sur leurs frêles épaules condamnés aux vers, ils aiment et dansent.
Pauvres idiots.
Je regardai ma coupelle de vin. Elle ne pouvait me tromper. Elle ne pouvait me mentir. Chaque gorgée de ce liquide pourpre m’apportait la chaleur organique et palpitante en échange de la dégénérescence de mes organes. C’est un contrat que je passe avec la vigne. Elle ne me promet rien.
Elle annonce la solitude à venir, la vague muette qui nous traînera tous au fond des abysses.
Quant moi…
Je me levai, bousculai quelques convives, puis je me ruai vers un miroir.
Mon visage surgit.
Portais-je un masque, moi aussi ?
Ma condition de maître était inaliénable. Je n’existais que par cette entité. C’était pire qu’un masque car je ne pouvais jeter bas à terre ce monstre qui me fixait en souriant.
Et comme les dieux antiques, je ne suis que le reflet des désirs et des envies de l’Autre. Ce qui avait été autrefois un jeu, a fait de moi une tenue de chair et d’os que je ne pourrais jamais ôter.
La douleur qui me laboure les viscères et la seule marque de mon existence sur cette terre.
Le catharsis et la purgation m’échappent comme le sable d’une main.
Ma seule satisfaction sera les cris des fidèles à l’aube de leur déclin.
Je leur souhaite une excellente souffrance."
Elie Maucourant, Les Joies du Marquis in Contes du Regret, 2008.
Extrait de la ControlaCom in Contes du Regret
"
Abattue, Fanny se prit la tête entre les mains.
Le combiné sonna.
- Allô ?
- C’est Elyas. J’arrive.
- Bien…
Fanny ferma les yeux et se laissa tomber sur sa couche
thermique.
Une heure après, Elyas était là.
- Tu te demande si tu fais le bon choix, murmura-t-il
Il puait le tabac et le cannabis. Dans sa main gauche, un
livre d’un auteur inconnu. Fanny discerna le titre : Le Maître du Haut Château... En s’approchant de plus près, elle pu sentir un infâme relent de whisky.
- Non. J’ai choisi, répondit-elle. Je voulais juste…je ne sais pas. Je suis un peu perdue.
- Tes amants ne te suffisent pas ?
Elyas avait dit ça d’un ton amer et s’apprêtait maintenant à
faire demi tour. Fanny ne bougea pas d’un pouce.
- Le passé est le passé, lança-t-elle soudain agacée.
- Alors que veux-tu ?
Fanny lui fit signe de s’asseoir à côté d’elle. L’amateur de
livres obtempéra et la fixa.
- J’ai peur, Elyas.
Il ne répondit pas. Il se contentait de fixer le sol.
- J’ai l’impression que…que tout ça, c’est de la poudre aux yeux.
Pas de réponse.
- Tes états d’âmes ne m’importent pas, dit-il
Fanny tira une cigarette de sa poche. Son prix était
supérieur à celui de l’or au kilo. Elyas continua.
- On aurait pu être heureux.
Fanny secoua la tête, lasse.
- Tu es pire que Covatzl. Tu cours après un rêve
poussiéreux et mort né.
En fait, elle n’aurait jamais dû l’appeler.
- Pardonne mes excès, souffla-t-il avant de l’embrasser.
Fanny mit un certain temps avant de l’écarter.
- Notre temps est mort, chuchota-elle..
Elyas se leva et la salua avant de partir."
Elie Maucourant, extrait de la ControlaCom in les Contes du Regret, 2008.
Abattue, Fanny se prit la tête entre les mains.
Le combiné sonna.
- Allô ?
- C’est Elyas. J’arrive.
- Bien…
Fanny ferma les yeux et se laissa tomber sur sa couche
thermique.
Une heure après, Elyas était là.
- Tu te demande si tu fais le bon choix, murmura-t-il
Il puait le tabac et le cannabis. Dans sa main gauche, un
livre d’un auteur inconnu. Fanny discerna le titre : Le Maître du Haut Château... En s’approchant de plus près, elle pu sentir un infâme relent de whisky.
- Non. J’ai choisi, répondit-elle. Je voulais juste…je ne sais pas. Je suis un peu perdue.
- Tes amants ne te suffisent pas ?
Elyas avait dit ça d’un ton amer et s’apprêtait maintenant à
faire demi tour. Fanny ne bougea pas d’un pouce.
- Le passé est le passé, lança-t-elle soudain agacée.
- Alors que veux-tu ?
Fanny lui fit signe de s’asseoir à côté d’elle. L’amateur de
livres obtempéra et la fixa.
- J’ai peur, Elyas.
Il ne répondit pas. Il se contentait de fixer le sol.
- J’ai l’impression que…que tout ça, c’est de la poudre aux yeux.
Pas de réponse.
- Tes états d’âmes ne m’importent pas, dit-il
Fanny tira une cigarette de sa poche. Son prix était
supérieur à celui de l’or au kilo. Elyas continua.
- On aurait pu être heureux.
Fanny secoua la tête, lasse.
- Tu es pire que Covatzl. Tu cours après un rêve
poussiéreux et mort né.
En fait, elle n’aurait jamais dû l’appeler.
- Pardonne mes excès, souffla-t-il avant de l’embrasser.
Fanny mit un certain temps avant de l’écarter.
- Notre temps est mort, chuchota-elle..
Elyas se leva et la salua avant de partir."
Elie Maucourant, extrait de la ControlaCom in les Contes du Regret, 2008.
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